JT RTBF 25/11/2018 à 19h30 Présentatrice : "Le développement de l'industrie numérique amène aujourd'hui les sociétés à porter un nouveau regard sur les personnes atteintes du syndrome d'Asperger. Cette forme d'autisme est généralement associée à des capacités cognitives exceptionnelles. Résultat : des entreprises, comme Google ou Apple font aujourd'hui appel à ces profils. C'est aussi le cas d'une entreprise anversoise que l'on va découvrir dans ce reportage de Martin Collier". Bram a 21 ans, il est autiste et depuis 3 mois, il travaille ici dans les bureaux de l'ONEM comme testeur de logiciel : "Mon autisme n'est pas vraiment un obstacle pour travailler ici avec les autres. Les gens en tiennent compte. Je trouve que c'est un vrai plaisir de travailler ici. Les gens m'acceptent." Collègue de Bram : "Ma fille est aussi autiste, donc je suis un peu habitué. Il faut parfois exprimer les choses de façon plus explicite mais pour moi ce n'est pas un problème." Son premier travail Bram l'a décroché avec l'aide de Passwerk et de son jobcoach, Peter. Son rôle, accompagner Bram dans son nouvel emploi : "Avant que Bram ne commence ici, j'ai fait de la sensibilisation, je suis venu sur le lieu de travail. Depuis qu'il a commencé, je viens toutes les 2 à 3 semaines, je m'assieds à table avec Bram et lui demande s'il y a eu des problèmes." Les personnes autistes, Passwerk en a fait sa priorité. Avec 1 personne sur 100 diagnostiquée autiste à travers le monde, les possibilités d'emploi sont réelles et c'est ici, à Berchem que tout commence, un processus de recrutement qui débute par une conversation et des test pratiques. Yolande Pacco, jobcoach : "Aujourd'hui nous allons faire une série de tests, des tests techniques et des test de personnalité, pour voir vos compétences." Des tests qui seront suivis d'une évaluation, le but, partir des besoins du candidat. "On va expliquer que notre testeur de logiciel préfère par exemple ne pas participer à la pause de midi , qu'il préfère rester derrière son ordinateur parce que durant la pause de midi, c'est beaucoup de "social talk", et en fait cela n'a rien à voir avec être asocial, c'est surtout qu'il n'a pas besoin de ça." En 10 ans, l'entreprise a déjà formé et mis à l'emploi plus d'une centaine de testeurs de logiciels et la demande est bien présente. Dirk Rombaut, co-fondateur : "Il y a une demande énorme. La fonction de testeur de logiciels est très difficile, pour garder l'intérêt de l'individu. Mais nos ingénieurs test voudraient bien continuer comme exécutants de testeur de logiciels et ça c'est un besoin réel". Une demande bien comprise à l'internationale. Google, Microsoft, Apple, tous misent maintenant sur les capacités intellectuelles hors norme des autistes mais alors comment expliquer que les personnes autistes soient si recherchées? Fanny Pompastamou, doctorante en sciences cognitives à l'ULB : "Les personnes avec autisme ont un traitement de l'information différent du nôtre, elles vont avoir tendance à plus porter leur attention sur le détail plutôt que sur l'ensemble, ce qui leur permettrait de éventuellement repérer des erreurs plus facilement et plus rapidement que des personnes non-autistes. De plus elles peuvent présenter une attention soutenue élevée, donc rester concentrées sur une même tâche et aussi effectuer la même tâche de manière répétée sans forcément se lasser." Si pour Bram, ce travail lui convient, ce n'est pas le cas de toutes les personnes autistes. Les formes d'autisme sont variables et s'accompagnent parfois de déficiences mentales. Tous ne sont donc pas destinés à devenir de supers génies de l'informatique.